D’ici fin 2026, ce sont plusieurs dizaines de tonnes de pierres qui vont devoir être soulevées, déplacées, taillées, repositionnées... Déjà, tout le revêtement qui recouvrait le sol de la terrasse a été déposé, les pierres de dallage ont été stockées au pied du monument, en attendant de pouvoir être remises en place.
Tout en haut du Donjon, on marche désormais sur une couche de mortier, dont l’épaisseur varie de quelques centimètres à plusieurs mètres. La voûte en bonnet d’évêque, qui couvre la salle des échos est là, sous nos pieds. Les problèmes d’étanchéité de la terrasse seront solutionnés grâce notamment à la pose d’une dalle en béton de chaux et d’une membrane bitumée. Les formes de pentes seront retravaillées de façon à faciliter l’évacuation de la pluie, mais aussi la circulation du public. Un caniveau périphérique sera créé.
«Les aménagements de la terrasse ne sont pas d’origine. Ils ont été réalisés dans les années 1950 à 1960 » note Olivier Vigoureux, chargé de projet à l’agence de l’architecte en chef des monuments historiques Michel Goutal, à laquelle la Communauté d’Agglomération du Niortais a confié la maîtrise d’oeuvre de l’opération. « On peut se permettre de recourir à des techniques contemporaines ».
Pour les parements extérieurs des quatre faces de la tour, c’est autre chose. Les pierres sont historiques: elles ont entre 900 et 300 ans. Elles vont être débarrassées du lichen qui les a colonisées, nettoyées, rejointoyées à la chaux. Celles que les infiltrations d’eau, les remontées d’humidité, le sel ou le gel ont trop altérées, seront remplacées. « Environ 30 % des pierres de façade sont à changer, ce qui représente un volume de 60 m3 » estime Bastien Jumeaux, le co-gérant de Somebat, l’entreprise titulaire du marché de maçonnerie, pierre de taille et étanchéité. D’énormes blocs de calcaire, extraits dans une carrière de la Vienne, vont lui être livrés dans les prochaines semaines. Ils seront tranchés avant d’être acheminés sur le chantier. Là, les pierres seront taillées aux dimensions, à la main comme autrefois, à l’aide d’une sorte de hache qui leur donnera « le même aspect qu’à l’époque de la construction ».
Ces travaux de sauvegarde sont aussi l’occasion de renforcer la structure de la tour nord, qui s’est écroulée à deux reprises au 18e siècle et qui présente des fissurations verticales. « Par mesure de précaution, nous allons réaliser comme une grosse couture, en insérant dans les maçonneries des armatures en fibre de verre» explique Olivier Vigoureux. Une technique que l’agence Goutal a déjà utilisée pour la flèche Saint-Michel à Bordeaux.
- Coût de l’opération : 1,695 M€ HT Financements : Communauté d’Agglomération du Niortais, avec l’aide de l’État, de l’Europe, de la Région Nouvelle Aquitaine.



