:Les mystères du coq de Notre-Dame

Cachée derrière son imposant échafaudage, l'église Notre-Dame, classée monument historique, a commencé sa minutieuse restauration.

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Le coq girouette a quitté son perchoir fin juillet. Long d’un mètre dix, haut de 60 centimètres, il se laisse pour le moment admirer à l'accueil du musée Bernard d'Agesci. Après les Journées européennes du Patrimoine, il partira direction la Dordogne, où il sera pris en charge par la société de restauration d’oeuvres d'art Socra, celle-là même qui a restauré les 16 statues en cuivre de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Sa splendeur retrouvée, le coq de Notre-Dame reprendra sa position sur la croix, au faîte de l’édifice, mi-2026.

Aura-t-il, d’ici là, livré tous ses mystères ? Ce que l’on sait jusqu’à présent de lui se résume aux inscriptions gravées sur sa queue : « Fait par P. Brissault à Niort le 26 juillet 1816, monté par Chaput recouvreur sous la fabrique de MM. Cuvelier aîné, Bernard, Laqueray et Guérineau ». Selon Marie-Pierre Niguès, architecte du patrimoine, mandataire de l’équipe de maîtrise d’oeuvre du chantier de restauration de Notre-Dame, lancé en début d’année par la Ville de Niort, la girouette en cuivre, très stylisée, ne ressemble pas aux modèles en cours au XIXe siècle. Est-ce une réplique d’un coq plus ancien, disparu, victime d’une mauvaise chute ou des colères du ciel ? Peut-être.

Lorsque la foudre s’est abattue sur le clocher de l’église dans la nuit du 25 au 26 septembre 1737, elle a causé à l’édifice des dégâts considérables. Elle a détruit notamment deux pans de la flèche, écrasé et brisé des pierres. La foudre a frappé de nouveau en novembre 1793, puis en janvier 1809. À chaque fois, des réparations ont été effectuées, sans que l’on ait pu toujours véritablement « juger du mal ».

C’est l’architecte niortais Pierre-Théophile Segrétain qui en 1842 « repère une lézarde continue quelquefois de 4 cm, traversant toute l’épaisseur de la muraille, dans la face nord sur 6 m de hauteur ». Il note aussi que les nombreux crampons de fer « employés soit dès l’origine, soit depuis » se sont oxydés, descellés, arrachés. Sous sa direction, des travaux de restauration sont réalisés : des tirants métalliques sont substitués aux crampons, la partie haute de la flèche est ceinturée par un cerclage en fer, les pierres fendues ou altérées sont remplacées… et un paratonnerre est installé.

Cent quatre-vingt-trois ans plus tard, une nouvelle maîtrise d’oeuvre prend le relais. Il s’agit toujours de réparer les dégâts de la tempête de 1737. À partir de ce mois de septembre 2025 suivant les consignes de Marie-Pierre Niguès, la Somebat, entreprise de maçonnerie et de taille de pierre basée à Saint-Symphorien, va purger la flèche de ses éléments métalliques et de ses joints en ciment. Les vingt-cinq derniers rangs de pierres vont être déposés. Les blocs altérés seront réparés, ceux qui ne peuvent pas l’être seront remplacés par des pierres issues de carrières situées dans la Vienne. La pointe de la flèche sera ensuite reconstruite, maçonnée au mortier de chaux. Un nouveau dispositif anti-foudre sera mis en place

À partir du printemps 2026, les compagnons des Ateliers Enache (Paris) se mettront à l’oeuvre à leur tour pour restaurer les pierres moulurées et sculptées de la flèche, de la coursive et du beffroi.

  • Les données et citations historiques sont extraites de l'étude de diagnostic réalisée par le cabinet Niguès.

     

QUI A TIRÉ SUR LE COQ ?


C’est dommage, mais le coq de Notre-Dame ne contenait ni relique, ni parchemin enfermé dans un tube en plomb. Il est en revanche transpercé à deux endroits, vraisemblablement par des balles. D’où a-t-on pu tirer et avec quel type d’arme ? Une observation attentive des blessures de la girouette pourra-t-elle permettre à un féru d’armes à feu d’émettre une hypothèse ? L’appel est lancé.

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