La statue Gloria Victis inaugurée place de Strasbourg

Publié le

Restaurée par la Fonderie de Coubertin, la statue Gloria Victis a retrouvé son socle en octobre 2025 place de Strasbourg. Une cérémonie salue officiellement son retour le 9 octobre 2026, 145 ans jour pour jour après son inauguration en 1881, au cœur d'une place jardin entièrement repensée.

Jérôme Baloge, maire de Niort souligne que « le retour de la statue de Gloria Victis au cœur du quartier Pontreau-Colline Saint-André est l'occasion de se souvenir d'une page souvent oubliée de notre histoire : la guerre de 1870 qui a marqué les Deux-Sèvres. Cet élément remarquable de notre patrimoine commun est de nouveau mis en valeur au centre de la place de Strasbourg réaménagée.» 

Une œuvre de Mercié, inaugurée en 1881

La statue niortaise est une réplique de Gloria Victis, l'œuvre du sculpteur Antonin Mercié commandée par la Ville de Niort en 1881, avec l'accord de la Ville de Paris. Elle a été inaugurée le 9 octobre 1881 en présence du général de Gallifet et d'Antonin Proust. Député-maire de Niort, celui-ci est alors ministre des Arts dans le gouvernement de Léon Gambetta. Le bronze représente une allégorie : celle d'une France héroïque mais meurtrie, amputée de l'Alsace-Lorraine, qui pleure ses fils tombés au combat. Sur le socle, une inscription dédie le monument « aux enfants des Deux-Sèvres, morts pour la défense du pays ».

1870, une guerre qui a marqué les Deux-Sèvres

Déclarée par le Second Empire, la guerre franco-prussienne s'achève par la défaite de la France : Sedan et la capture de Napoléon III le 1er septembre 1870, le siège de Paris, puis le traité de Francfort du 10 mai 1871 et l'annexion de l'Alsace-Lorraine. Le bilan est lourd : 1,6 million de mobilisés et 139 000 morts. Niort échappe à l'invasion, mais pas à la guerre. La garde mobile des Deux-Sèvres rejoint l'armée des Vosges sur le front de l'Est, tandis que d'autres bataillons partent vers la Loire et le Cotentin. La ville accueille blessés et malades, et sa population affronte privations et épidémies.

Un quartier qui porte la mémoire de 1870

Autour de la statue, plusieurs noms de rues et de places rappellent cette période :

  • Strasbourg, assiégée par les Prussiens du 13 août au 28 septembre 1870.
  • Beaune-la-Rolande, où une bataille livrée le 28 novembre 1870 tourne à l'avantage des Prussiens.
  • Aristide Denfert-Rochereau, né tout près, à Saint-Maixent-l'École. Gouverneur de Belfort, il tient la ville plus de 100 jours face à 40 000 assiégeants, ce qui lui vaut le surnom de « lion de Belfort ».
  • Le général Alfred Chanzy, à la tête d'un corps d'armée sur la Loire, autre héros malheureux de cette guerre perdue.

Gloria Victis honore ces figures, mais aussi tous les soldats anonymes venus des Deux-Sèvres et de toute la France. 

Une restauration et un nouvel écrin

La restauration a été confiée à la Fonderie de Coubertin, atelier reconnu pour son savoir-faire dans le travail du bronze. Le monument a ainsi retrouvé tout son éclat. Il s'installe désormais dans une vaste place jardin renaturée de 5 200 m², plantée de 59 arbres. Elle réunit les places Denfert-Rochereau et de Strasbourg ainsi que le square situé à l'arrière du centre socioculturel.  Aux côtés de la Ville de Niort, deux partenaires ont financé la restauration : Niort Agglo, au titre du Fonds communautaire du patrimoine : 7 200 € et Le Club des mécènes de la Fondation du patrimoine : 4 000 €.